
LE NOËL DE M. SCROOGE de Thierry Debroux d’après le conte de Charles Dickens, mise en scène : Patrice Mincke, scénographie : Ronald Beurms, musique originale : Laurent Beumier ; avec seize comédiens dont quatre enfants en alternance (*). – A été jouée au Théâtre Royal du Parc à Bruxelles du 18/12/24 au 31/12/24 (durée 2h15 avec entracte).
Une Angleterre à la fin du XIXe siècle… Les choses ont-elles vraiment changé de nos jours ?
Un mendiant (Fabian Finkels) bien éméché, titube dans un quartier de Londres (fabuleux décor de Ronald Beurms). Nous sommes au XIXe siècle, au mois de décembre. L’Angleterre traverse une période de misère où le fossé est grand entre les riches et les pauvres. Mais est-ce bien différent de nos jours… ? Poussant le public à la réflexion, le mendiant raconte alors aux spectateurs l’histoire d’un certain conte de Dickens…
Ebenezer Scrooge (Guy Pion) déteste Noël. Il ne partage en aucun cas l’enthousiasme des citadins pour cette fête. Déclinant même l’invitation à dîner de son neveu Fred, toujours joyeux, quel qu’en soit les circonstances. Avec son dédain et une avarice maladive, M. Scrooge n’épargne pas son souffre-douleur, Bob Cratchit (Gauthier Janssen). Un malheureux employé, père de famille nombreuse, qu’il exploite sans scrupule, le payant peu, le faisant travailler plus que de raison et qui pourtant lui est si fidèle. Acariâtre à souhait, Ebenezer refuse même de participer à la collecte d’argent pour la charité, poussant vertement hors de son bureau, l’homme venu quémander gentiment. C’est d’ailleurs avec beaucoup de réticence qu’il accorde au pauvre Bob un jour de congé pour pouvoir passer Noël en famille, non sans lui souligner, qu’il le paiera de ses heures au lendemain de Noël.
Fuyant l’esprit de Noël, le détestable usurier, rentre chez lui. Un bon bouillon de poule, et vite se réfugier sous les draps. Voilà un beau programme ! C’est alors que de la cheminé apparaît un fantôme sous l’apparence d’un père Noël (Claude Semal). M. Scrooge va alors vivre un voyage dans le temps, le passé et le futur mais également le présent. Il revivra son enfance dans un pensionnat, reverra sa sœur Fannie (morte en couche après avoir donné la vie à son neveu Fred), lui, jeune homme (M. Scrooge jeune : Fabian Finkels), et bien d’autres évènements de sa vie passée. Il découvrira la vie misérable mais pleine d’amour et de tendresse de son employé, Bob, et visualisera un futur qu’il pourrait bien regretter s’il ne change pas d’attitude ! Voilà ce que l’esprit de Noël tente de faire comprendre à M. Scrooge, l’importance de ses actes, ses choix et leurs conséquences.
Quelle sera l’issue de cette histoire ? Comment va réagir Ebenezer Scrooge après ce voyage dans une autre dimension ? L’esprit de Noël saura-t-il changer le cœur et l’esprit du vieil homme ? Les temps ont-ils vraiment changé ? Que pouvons-nous faire à notre niveau ? Certainement plus que nous ne le croyons…
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Excellent casting : Seize comédiens et comédiennes chanteurs, tous plus incroyables les uns que les autres. Dont Fabian Finkels (en jeune M. Scrooge et en mendiant) et Guy Pion (le vieux Ebenezer). Très belle mise en scène de Patrice Mincke et formidable scénographie et costumes plus vrais que nature de Ronald Beurms, sans compter la musique originale de Laurent Beumier, pour ne citer qu’eux.
Un décor en continuelle évolution, des reconstitutions des maisons et des quartiers de Londres en 3D, le traîneau du Père Noël qui vole sur la ville (impressionnant). Tout en poésie, un spectacle musical émouvant, qui pousse certainement à la réflexion. Pari réussi pour ce petit bijou d’adaptation de Thierry Debroux : Le Noël de M. Scrooge, une belle façon de s’évader en famille, en se déconnectant du quotidien, pas toujours facile pour certains.
« A Christmas Carol », le premier et sans doute le plus célèbre des contes écrits de Charles Dickens à lire ou à relire. Un conte ayant donné lieu à de très nombreuses adaptations, tant au théâtre, qu’à la radio, au cinéma ou à la télévision, mais aussi sur les scènes des music-hall. Pourtant écrit pour mettre l’accent sur certaines polémiques économiques de l’époque, il deviendra un des contes les plus classiques pour célébrer Noël.
Très longue ovation pour ce merveilleux spectacle ! À voir et à revoir, sans aucun doute !
Julia Garlito Y Romo
(*) Sandrine Bonjean, William Clobus, Jeanne Delsarte, Julie Dieu, Fabian Finkels, Sacha Fritschké, Bruno Georis, Pénélope Guimas, Nicolas Ossowski, Guy Pion, Claude Semal et 4 enfants en alternance : Léon Deckers ou Ethan Verheyden ; Maxime Claeys, Andrei Costa ou Jérémy Mekkaoui ; Laura Avarello, Ava Debroux ou Lucie Mertens ; Laetitia Jous, Clara Peeters ou Babette Verbeek.
Création Théâtre royal du parc en collaboration avec le théâtre de l’Éveil.
Photo © Zvonock