
MUSIQUES. Le groupe mythique NASS EL GHIWANE, accompagné par l’Orchestre Andalous d’Amsterdam, au BOZAR le 3 février 2025, à Bruxelles, le 24 mai à Nice, 27 mai 2025 à Paris, le 29 mai à Lille et le 31 mai à Toulouse et en tournée européenne inédite.
Nass El Ghiwane, surnommé « Les Rolling Stones du Monde Arabe »
En tournée européenne depuis plus d’un an, NASS EL GHIWANE (4 chanteurs/musiciens) a enflammé la scène au Bozar. Une ambiance totalement déchaînée. Accompagné de l’excellent orchestre Andalous d’Amsterdam (6 musiciens), chanteurs et musiciens ont récité des poèmes et interprété plusieurs de leurs grands succès musicaux, repris en chœur par le public : « Ghir khoudouni », « Lahmami », « Nahla », « Ssiniya » (chanson largement plébiscitée), et bien d’autres. L’ambiance dans la salle est euphorique, les spectateurs (toute génération confondue) n’hésitent pas à se lever pour danser, chanter et acclamer les artistes. L’émotion et la joie sont palpables.
Pour une sonorité aux accents multiculturels, les instruments tels que Tam-Tam (Rachid Batma + chant), Guembri (Hamid Batma + chant), banjo (Abdelkrim Chifa) ou PAD (Youssef Bih), les instruments et les voix de Nass El Ghiwane se marient à merveille avec ceux de l’Orchestre Andalous d’Amsterdam : le Quanum (Ahmed El Maai), l’Alto (Jaafar Lougmani), le Violin (Mohamed Al Mokhlis), le Cello (Lea Becançon), les Percussions (Ahmed Khaili) ou encore le Keyboard (Anas Soudfa).
Grande complicité entre les musiciens, les instruments prennent la « parole », le violon semble répondre au guembri ou au banjo. Le groupe utilise des paroles imagées, amplies « de poésies et de métaphores », « un langage codé, composés de mots simples et d’expressions populaires » (*), des paroles qui s’adressent à tout le monde. Les amateurs de ce groupe savent qu’il faut les écouter deux fois pour bien saisir la profondeur de leur chant. Ils s’expriment en arabe, certes, ce qui ne permet pas à tout le monde d’en comprendre la profondeur ou le sens, mais l’émotion que dégage les voix est si perceptible qu’elle provoque parfois le frisson : Nahla : « L’abeille a dit que les herbes du désert étaient autorisées. Nous les cueillons et ne changeons pas sa fleur. Nous déambulons dans les théâtres de fleurs et de branches de basilic. Hautes montagnes et hauts déserts. Nous errons et allons entre l’absinthe et le lotus. Nous allons et nous partons. (…). Les paroles sont également une ode à « aimer son prochain », à la famille, à la paix. Après plus de 50 ans, le groupe mythique semble indémodable. Standing ovation à la fin du spectacle.
« Une légende de la musique, souvent considéré comme le précurseur de la world music »
Fondé en 1970 dans un bidonville du Hay Mohammadi (Casablanca), les Nass El Ghiwane (composé de cinq musiciens-chanteurs ; quatre aujourd’hui, après le décès de l’un d’entre eux) commencent leur carrière dans une troupe de … théâtre ! Mariant les sonorités traditionnelles marocaines avec des influences contemporaines, ils créent un style unique aux textes poétiques, souvent très engagés. Aujourd’hui « apolitique », le groupe s’est pourtant créé dans un « contexte de contestation » et devient, presque à leur insu, une sorte « d’alternative, de porte-voix des sans voix ». C’est d’ailleurs « l’effervescence politique et l’ambiance sociale » de l’époque qui contribue à leur immense succès.
Après un demi-siècle d’existence, c’est surtout la musique et le chant qui prime, invitant à la danse et à la joie. Leur rythme assez puissant a révolutionné la musique marocaine et maghrébine et continue à atteindre toutes les générations et les différentes classes sociales de la société marocaine, entre autre.
Pour la petite histoire, le célèbre réalisateur Martin Scorsese (fan du groupe) leur achète un morceau « Ya Sah » et l’inclus dans la bande originale de son film « La Dernière Tentation du Christ ». Il surnomme les Nass El Ghiwawe : les « Rolling Stones de l’Afrique », surnom qui leur colle toujours à la peau.
« Dans les années soixante-dix, le monde anglo-saxon avait les Beatles, nous autres dans le monde arabe nous avions « Nass El Ghiwane ». La comparaison n’est pas d’ordre musical, mais comme évènement et avènement d’une nouvelle façon de faire de la musique ». Tahar Ben Jelloum
Pour celles et ceux qui aiment les musiques du monde : Le groupe Nass El Ghiwane : 24/05/25 au Palais de la Méditerranée à Nice ; le 27/05 au Casino de Paris à Paris, le 29/05 au Théâtre Sébastopol à Lille et le 31/05 à La Halle aux Grains à Toulouse.
Je découvre.
Julia Garlito Y Romo
(*) Soundouss Chraibi (Telquel – n° 1119, 31/02/25)
Extrait musical: https://www.youtube.com/watch?v=XwHrxNU_NTk
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