
AGENDA. Exposition « PARIS NOIR », au Centre Georges-Pompidou à Paris, jusqu’au 30 juin 2025. Horaires : Tous les jours (sauf mardi et 1er mai) de 11h à 21h, avec une nocturne le jeudi jusqu’à 23h. 6ème étage, galerie 1.
Plongée inédite dans l’histoire de 150 artistes & intellectuels afro-descendants
Mise en lumière de 150 artistes et plus de 300 œuvres : « Paris noir » retrace la présence et l’influence des artistes noirs en France entre les années 1950 et 2000.
Avant sa fermeture pour travaux en septembre 2025, le centre Georges-Pompidou accueille une exposition inédite : « Paris noir » jusqu’au au 30 juin 2025 : « Circulations artistiques, et luttes anticoloniales, de 1950 à 2000. « Une plongée inédite dans l’histoire souvent méconnue des artistes et intellectuels africains et afro-descendants à Paris ».
La plupart de ces œuvres n’ont jamais été exposées ni présentées en France. Nombre de ces artistes sont méconnus, l’histoire les a littéralement « invisibilisés de l’art hexagonal ». Difficile d’imaginer une telle chose, alors qu’ils ont travaillé à l’intérieur même de la capitale française pendant un demi-siècle, sinon plus !
Riche et documentée, l’exposition met en lumière les luttes pour l’émancipation, les indépendances africaines, la chute de l’apartheid et les combats contre le racisme en France, notamment.
Plus de 150 artistes afro-descendants, venus d’Afrique, d’Amérique du Nord et des Caraïbes : « l’exposition révèle la diversité des expressions artistiques qui ont contribué à redéfinir les modernités et postmodernités ». « Cette histoire de l’art n’a été que très partiellement écrite, raconte Alicia Knock, (commissaire de l’exposition « Paris noir) (*), et quand elle l’a été, c’est grâce au travail universitaire américain et aux artistes africains-américains. Certains artistes du Nigeria et du Sénégal y ont également contribué, parce qu’il y a une intelligence universitaire africaine qui enseigne dans les plus grands établissements américains », précise encore Alicia Knock. Les Caraïbes, du côté de cuba et de Haïti ont également fait partie de ce travail de recherche. D’ailleurs, poursuit la commissaire : « ce qui touche l’histoire de l’art des Outre-mer français ou à celle des artistes afro-descendants nés en France n’a jamais vraiment fait l’objet d’une historiographie, tout comme les artistes du Togo, du Bénin et des pays issus du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire, qui avaient des écoles d’art ».
« Paris-Noir » : « Ce titre qui, pour nous, claque, a du sens. Le terme « noir » et sa définition ne renvoient pas à un pays ni à un continent ; il représente des expériences multiples : celles d’Africains, d’Afro-Américains, de Caribéens, d’Afro-descendants. Et dans ce « noir », qu’est-ce qui se passe ? Eh bien, l’émergence d’une conscience commune. Expérience d’une conscience noire commune, partagée qui se poursuit dans le monde contemporain. Un héritage à l’échelle mondiale, notamment cette expérience de la traite, du racisme, des assignations, etc. Confie la commissaire associée de l’exposition, Eva Barois de Caevel (**)
Pour le Centre Georges-Pompidou, et certainement pour tout un chacun, « Paris noir » est « une occasion unique de (re)découvrir les artistes noirs à l’histoire culturelle française, mais aussi internationale ».
J’y vais !
Julia Garlito Y Romo
Pour plus d’info :
· https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/VRo249Y
· https://www.youtube.com/watch?v=qyx43qNSzDs
(*) Interview à Alicia Knock par Vanity-Fair
(**) Interview à Eva Barois de Caevel, par RFI
Image: Mary Lovelace O’Neal, Purple Rain de la série Two Deserts, Three Winters [Deux déserts, trois hivers], vers 1990 Technique mixte et peinture acrylique sur toile, 205,7 × 350,5 cm Courtesy of the artist and Karen Jenkins Johnson Photo © Michael Covían