
L’IMAGE DU JOUR. « MONUMENTS », l’expo de Los Angeles qui fait la nique à Donald Trump et son « MAGA ».
Organisée et présentée conjointement par le Museum of Contemporary Art (MOCA) et The Brick, l’exposition-manifeste MONUMENTS actuellement à Los Angeles, est pensée comme un pied de nez tonitruant à Trump et à l’idéologie MAGA, qui se mêle de tout y compris d’Art, voulant rayer d’un trait de plume les actions de déboulonnage ou de maculage des monuments dédiés aux confédérés, entrepris depuis quelques années par les contestataires de cette célébration des pires travers de la société américaine.
Sculptures et statues racistes, émanant du mouvement confédéré de la guerre de Sécession, célébrant l’esclavage et portant au piédestal les « héros » militaires ou politiques de cette période détestable ont essaimé dans le pays, imprimant une idéologie nauséabonde dans les têtes de tous les Américains blancs.
L’exposition MONUMENTS commémore donc cette récente vague de déboulonnage et de mise à bas de ces monuments grandiloquents comme un moment historique. Elle apporte ainsi une réflexion sur l’histoire et l’héritage de l’Amérique de l’après-guerre de Sécession, dont l’écho résonne encore aujourd’hui. L’exposition réunit une sélection de monuments, sculptures et statues, désaffectés, dont beaucoup sont confédérés, et des œuvres d’art contemporaines, prêtées ou créées spécialement pour l’occasion. Retirés de leur contexte public extérieur d’origine, les monuments exposés sont présentés dans leurs différents états de transformation, allant de l’état intact à des dommages importants causés par le vandalisme assumé d’opposants à cette idéologie.
Suite à la tuerie raciste de l’église Mother Emanuel AME à Charleston, en Caroline du Sud (2015), et au rassemblement meurtrier « Unite the Right » organisé par des nationalistes blancs à Charlottesville, en Virginie (2017), ainsi qu’au retrait symbolique du drapeau confédéré du Capitole de Caroline du Sud par Bree Newsome (2015), les États-Unis ont vu près de 200 monuments déboulonnés. Ces retraits ont suscité un débat national qui se poursuit encore aujourd’hui. L’exposition MONUMENTS vise à inscrire ces discussions dans l’histoire contemporaine et à offrir un espace de dialogue essentiel et d’engagement actif sur des sujets sensibles.
MONUMENTS nargue ainsi le Président de manière particulièrement efficace. L’événement est repris et diffusé à travers tous les médias internationaux. Cette exposition est une jolie réponse des Angelos (les habitants de L.A.) à Trump et son idéologie fasciste. D’autant que celui-ci exècre particulièrement cette ville, l’état de Californie et ses dirigeants démocrates. Ceux-là même qui ont ardemment soutenu cette initiative, ainsi que les institutions de la ville et une myriade de sponsors, qui affichent clairement leur opposition au Président, plus que jamais vécu comme un autocrate dangereux, délirant et mégalomane.
Exposition visible jusqu’au 3 mai 2026
MR
Artistes contemporains participant à MONUMENTS : Bethany Collins, Karon Davis, Abigail DeVille, Stan Douglas, Kevin Jerome Everson, Kahlil Robert Irving, Monument Lab, Walter Price, Cauleen Smith, Davóne Tines et Julie Dash, et Kara Walker. Oeuvres additionnelles de Leonardo Drew, Torkwase Dyson, Nona Faustine, Jon Henry, Hugh Mangum, Martin Puryear, Andres Serrano, et Hank Willis Thomas






Images: toutes les images sauf n°2 : vues des expositions au MOCA et The Brick, Los Angeles – Copyright les artistes, MOCA et The Brick L.A. 2025 – 2 : Eli Russel Linnetz « MONUMENTS », 2024 – Sculpture ne figurant pas dans l’expo du MOCA, mais tout aussi emblématique – copyright the artist