
BILLET. Boualem Sansal : Le scandale de l’élection à l’Académie d’un « écrivain » d’extrême-droite.
La galaxie médiatique d’extrême-droîte de Bolloré doit se réjouir et s’en gargariser sur ses chaînes « d’opinion » qui puent la connivence assumée avec le Rassemblement National. Tout comme dans les journaux de la droite bien droite dans ses bottes tel Le Figaro et ses éditorialistes plus réactionnaires les uns que les autres…
Visiblement le lobbying exacerbé de ces nervis de l’intolérance et de l’islamophobie a fonctionné à merveille, auprès des politiques -jusqu’au plus haut sommet de l’Etat français- comme des médias mainstream, théoriquement plus « neutres » d’habitude, et même des chaînes tv et radio nationales… Une contamination idéologique qui a décidément bien infusé dans toute « l’élite » médiatique et politique.
Un coup de maître qui a perfusé les pauvres cerveaux des présumés immortels qui siègent à l’Académie, jusqu’à élire ce type douteux à un siège « prestigieux », celui occupé précédemment par l’historien du droit Jean-Denis Bredin.
Quelle leçon de com magistrale que démontrer que l’on peut profiter ainsi avidement d’une incarcération, fut-elle injustifiée mais du coup très médiatisée, dans le pays du dictateur algérien pour faire -enfin- parler de soi en tant qu' »écrivain » ! Un cheminement tout tracé vers la consécration suprême que d’être intronisé à l’Académie. En cela bien aidé par la fachosphère médiatique et politique qui voit en lui, Boualem Sansal, un excellent édulcorant du discours du RN et de ses sbires et affiliés, un dévoué à la cause, dans son contre-emploi d' »Arabe » (du passé) justifiant toutes les éructations contre le « grand remplacement ». Un serviteur zélé des discours racistes et xénophobes du nationalisme français. Pour une fois qu’ils en tiennent un, il fallait s’en servir et l’user jusqu’à la corde…
Imagine t-on une seconde que l’Académie ait fait entrer chez elle Céline ou Drieu, à leur époque ? Mais eux au moins avaient une oeuvre, qu’on déteste les sales personnages qu’ils étaient ou pas, c’étaient des écrivains, des vrais. Et pourquoi pas, après Sansal, puisqu’on y est, Renaud Camus ou Alain Soral à l’Académie ?
Boualem Sansal, qui possède la double nationalité franco-algérienne, dont l’emprisonnement en Algérie nous fut rabattu inlassablement toute l’année 2025, a réussi son forfait : nous faire oublier le sale idéologue qu’il est, se répandant en interviews dans les pires supports de la pire droite nationaliste et raciste, y vomissant sa haine de l’islam et de l’Algérie, pourtant son pays natal, encensant sans férir le beau royaume du Maroc, grande démocratie au service du peuple marocain et des droits humains, comme chacun le sait…
Un pauvre mec gonflé d’orgueil, qui travestit à longueur de pages la réalité, jusqu’à se rajeunir de cinq ans (il est réellement né en 1944 et pas 1949, comme il le prétend), histoire de coller à la légende qu’il colporte et qui voudrait que jeune, il croisait à Alger quotidiennement la maman d’Albert Camus, dans le même quartier où ils vivaient tous deux. Le même Albert Camus qu’il « admire », soi-disant (peut-être le confond t-il avec Renaud, son homonyme)… L’auteur de « L’étranger » doit s’en retourner dans sa tombe de Lourmarin…
Bref, l’institution poussiéreuse qu’est cette Académie de papier, qui a mis trente ans à écrire sa dernière version du dictionnaire (authentique !), s’est encore illustrée en nommant immortel un pauvre mortel qui s’était rêvé écrivain et qui n’a construit qu’une « oeuvre » gorgée de haine rance, de ressentiments nauséabonds et d’égotisme élevé au rang d’art.
On ne saurait conseiller à M. Sansal de prendre ses travaux d’académicien fraîchement élu au sérieux, et contribuer à enrichir la langue française, par exemple des mots du vocabulaire trumpien, qu’il vénère sans doute, ces termes à vocation insultante que le président américain ne cesse d’employer à tout va comme « woke », « fake news », ou encore « tariff » et autres perles langagières du psycho-président… Mais qu’on se rassure, ces nouvelles entrées dans la bible académique ne seront publiées que d’ici trente ans, au moins. On a donc tout le temps d’apprécier la remarquable contribution au Français de notre éminent « écrivain » !
Comme il le clamait dernièrement dans je ne sais plus quel torchon de droite, Sansal est désormais entré dans « l’histoire de France »… Une belle récompense pour un immortel dont « l’oeuvre » admirable, alors qu’il a 81 ans, est enfin reconnue à sa juste « valeur ». Bravo, l’Académie et ses serviles zélateurs, comme on le sait tous écrivains indispensables à la Culture française : vous avez par cette élection déplacée fait entrer le ver dans le fruit pourrissant d’une institution moribonde… Longue vie à vous les « immortels », ou ce qu’il vous en reste…
Marc Roudier