
FESTIVAL PHOTOBRUSSELS 2026 – 22 janvier – 22 février 2026 – divers lieux, Bruxelles.
10e édition du festival Photobrussels avec 50 lieux accueillant expos personnelles et group-shows de photographes, jeunes ou moins jeunes, connus ou inconnus, tous méritant qu’on s’attarde sur leurs productions en cheminant dans la superbe ville de Bruxelles, haut-lieu artistique de Belgique (avec Anvers bien sûr).
Pour notre part, nous avons sélectionné cinq artistes qui selon nous marqueront ce festival et dont il faudra suivre le travail dans les années qui viennent.
La sélection de la rédaction : 5 Photographes à suivre

Bart Ramakers (BE, 1963) The Grand Masquerade – 19 January – 24 February 2026 Visual Gallery 1040 Bruxelles
Bart Ramakers et son équipe réinterprètent des thèmes mythologiques et religieux classiques à travers le prisme de questions contemporaines comme le genre, le changement climatique et les inégalités sociales. Leur travail fait souvent écho à l’histoire de l’art, mais souligne toujours ce qui nous unit : notre humanité partagée, nos liens et notre solidarité. Ils aspirent à rapprocher les gens et à cultiver un sentiment de communauté, le tout agrémenté d’une touche d’humour et d’autodérision typiquement belges. Aux côtés de sa partenaire Sofie Baert et de leur équipe de stylistes, maquilleurs et modèles, il forme une famille soudée qui capture inlassablement des mises en scène théâtrales ambitieuses sur la pellicule sensible, où chacun apporte sa propre contribution. Bien qu’ils expérimentent occasionnellement la vidéo et la sculpture, ils reviennent toujours au médium intime de la photographie, explorant avec jeu l’éclairage en clair-obscur et la théâtralité.


Pixy Liao (CN, 1979) People in Mirror are closer than they appear -15 January – 21 February 2026 – Stieglitz19 1050 Bruxelles
Pixy Liao est une artiste multidisciplinaire qui travaille avec la photographie, l’installation et la performance pour créer des œuvres qui remettent en question les stéréotypes patriarcaux dans les relations hétérosexuelles, révélant avec humour la multitude de façons d’être ensemble. Liao est connue pour ses photographies mises en scène dans lesquelles elle pose avec son partenaire et collaborateur japonais, Moro. Ses tableaux soigneusement construits s’inscrivent dans son projet photographique au long cours Experimental Relationship (2007 – en cours). Ces autoportraits, à la fois performatifs et parfois grivois, permettent à Liao de renverser intentionnellement les hiérarchies traditionnelles des relations de genre.


Scarlett Hooft Graafland (NL, 1973) Beyond the Horizon – 11 January – 28 February 2026 – Michèle Schoonjans Gallery RIVOLI #25 Chaussée de Waterloo 690 1180 Bruxelles
La pratique de Scarlett Hooft Graafland se déploie à la croisée de la photographie, de la performance et de la sculpture. Travaillant exclusivement avec le film argentique, elle met en scène des interventions éphémères dans des environnements naturels fragiles, des déserts et salines aux régions polaires. Des objets du quotidien et des tissus viennent perturber ces vastes paysages, créant des fables visuelles à la fois ludiques et critiques, nous invitant à repenser notre relation avec la nature et l’identité culturelle. Au cœur de sa pratique se trouve une philosophie de lenteur. Rejetant la manipulation numérique, chaque photographie constitue la trace unique d’une performance in situ, soulignant à la fois l’authenticité et l’impermanence. Ses œuvres naissent de longs voyages, d’une observation patiente de la lumière et d’une étroite collaboration avec les communautés locales. Dans un monde saturé d’images instantanées, ses photographies se présentent comme de rares invitations à faire une pause, contempler et redécouvrir l’émerveillement. Une sélection d’œuvres soigneusement choisies mettra en avant cette poésie visuelle singulière, en résonance avec les préoccupations actuelles concernant l’écologie, le dialogue culturel et la nécessité d’attention dans un âge accéléré


Lee Shulman (GB, 1973) /The Anonymous Project The House – Hangar place du Châtelain 18 1050 Bruxelles
The HOUSE, la première exposition de Lee Shulman / The Anonymous Project fut l’un des moments forts des Rencontres de la Photographie d’Arles en 2019 et n’a jamais été présentée depuis. The Anonymous Project réalise ainsi sa première exposition sur le territoire belge. Conçue comme une expérience totalement immersive, The HOUSE dépasse la simple présentation d’images en recréant l’atmosphère d’une maison des années 1950. Les photographies ne sont pas simplement accrochées aux murs : elles habitent l’espace. Chaque image trouve sa place dans un cadre domestique — cuisine, salon, chambre. L’intention est de créer un environnement vivant où le spectateur se sent « chez lui ». L’album de famille anonyme de cette installation immersive se prolonge aux étages du Hangar avec sept projets qui explorent les liens familiaux des artistes. À travers des récits intimes, ils abordent des thématiques qui leur sont chères : la relation entre sœurs, le lien aux parents, le deuil et la réconciliation. Ces histoires tissent un univers sensible autour de l’identité, de l’amour et de la mémoire.
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KR Sunil (IN, 1975) Chavittu Nadakam : Conteurs du bord de mer – 14 janvier – 28 février 2026 – Modesti Perdriolle Rue Saint-Georges 27 1050 Bruxelles
Chavittu Nadakam : Storytellers of the seashore est un travail d’ethno-photographie qui se concentre sur la vie quotidienne des interprètes du Caviṭṭunādakam, une combinaison danse-musique-drame dont la genèse remonte à la période de la domination portugaise dans le sud de l’Inde. Aujourd’hui, cet art de la performance se maintient sur une longueur relativement limitée de la côte du Kerala, principalement de Kodungallur (ancien port de Muziris) jusqu’à Kochi et Alappuzha. Cet art juxtapose la tradition martiale de l’ancien Kerala avec les traditions théâtrales et musicales de l’Europe des XVe et XVIe siècles dans un mélange singulier. Les mouvements du corps et les gestes présentent une ressemblance frappante avec de nombreuses pratiques performatives locales du sud de l’Inde, tandis que l’intrigue, la musique et la chorégraphie évoquent l’opéra européen. Les interprètes portent beaucoup de maquillage, des costumes vifs et des ornements, donnant ainsi aux personnages une apparence quasi-super-héroïque. Mais dans la vie réelle, appartenant à la plupart aux communautés dalits et de pêcheurs convertis au christianisme par les missionnaires coloniaux, ils ne jouissent d’aucun statut particulier. Néanmoins, ces artistes continuent de défendre l’art, qui est devenu indissociable de leur vie. Récemment, la montée des eaux et l’avancée de la mer – principalement causées par le changement climatique global – perturbent leur quotidien. Une communauté qui s’efforce de protéger un art menacé doit désormais lutter pour préserver son habitat.,Ce travail photographique s’intéresse de près à la vie quotidienne des interprètes et à leur effort incessant pour offrir un souffle de vie à l’art.
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