
L’IMAGE DU JOUR. MELONI a désormais une fresque à sa gloire dans une église de Rome.
Dans la grande tradition mussolinienne, la présidente post-fasciste du Conseil a désormais son portrait sur une fresque religieuse au coeur de Rome, où celui-ci s’est subrepticement substitué à celui d’un ange… Elle rejoint ainsi son idole de dictateur, qui n’hésitait pas à se faire portraiturer en empereur romain sur des statues fascistes ornant les monuments douteux et grandiloquents dont il ne cessait de garnir son pays.
Bien que cela ne soit pas de son fait directement, mais celui d’un admirateur trop zélé de la cheffe de gouvernement, cette substitution n’a pas manqué de l’emplir d’une joie à peine dissimulée. Sur un post sur X, elle n’a pas tardé à reproduire l’objet du délit, en ajoutant dans un commentaire qui se voulait ironique « mais je ne suis pas un ange ! ». Son « humour » et l’événement lui-même n’ont en tout cas guère été du goût des ecclésiastiques, encore moins de celui l’opposition.
En revanche les médias italiens s’en délectent, surtout ceux évidemment qui ne ratent jamais une occasion de la glorifier à travers des panégyriques obséquieux déguisés en éditoriaux. Tout cela amuse beaucoup les Romains, demeurés à jamais de grands enfants qu’un rien divertit et dont la moindre polémique alimente indéfiniment les discussions sur le marché de la piazza Navona ou dans les cafés devant un bon cappuccino.. .
Tout ceci serait risible, si ce n’était le symptôme d’une Italie à la dérive d’un illibéralisme frôlant la « démocrature » à la Erdogan ou celle encore plus auto-centrée d’un Trump qui ne cesse d’accoler son nom à des centres d’art ou des institutions, démolir une aile du Capitole pour en faire une « salle de bal », et s’afficher sur son propre réseau social ou sur celui de Musk en Pape ou carrément trônant, toujours par la grâce de l’intelligence artificielle, en statue le représentant dans sa « Riviera gazaouie « fantasmée, une bande de Gaza qu’il voudrait transformée en immense Club Med d’où bien sûr serait exclue toute présence des Gazaouis.
Meloni renoue ainsi avec la longue histoire hagiographique des dictateurs -dont son héros Benito- qui s’affichent dans leurs pays respectifs en portraits géants et monuments à leur gloire : de Saddam Hussein à Erdogan, en passant par Khadhafi, Xi Jinping, ou Kadyrov et Loukachenko… Belles références pour la patronne de « Fratelli d’Italia » et son ministre issu de la Ligue du nord Matteo Salvini .
C’est une Italie que l’on n’aime pas, aux mains d’une clique de néo-fascistes avoués cultivant le culte de la personnalité, qui nous ramène à une époque maudite que nous préférerions oublier, un gouvernement de fantoches conduisant tout droit leur pays dans le mur.
M.R.



