L’IMMAGE DU JOUR. Comment le facétieux chanteur portoricain Bad Bunny défie Trump au Super-Bowl en Espagnol, dans un show provocant suivi par tout le continent américain, qui ainsi rend fierté aux latinos.
Le chanteur portoricain Bad Bunny a enflammé l’Amérique de Trump lors de son show de mitan du Super Bowl. L’artiste a ainsi rendu sa grandeur au continent américain, rappelant au psycho-président que l’Amérique n’est pas seulement celle des états-uniens blancs et racistes, celle de Trump, mais bien ce continent qui porte haut les cultures latines, singulièrement celles des immigrés latinos en provenance des quatre coins de cette terre envahie tour à tour par les Européens puis par la nation états-unienne. Un Bad Bunny que déteste bien évidemment le président, reprochant au chanteur qui l’a défié déjà aux Grammy Awards de réitérer en produisant son show en espagnol. Un truc qu’a jugé incompréhensible le clown Trump, ignorant tout de sa propre population composée à 14% de personnes d’origine latino et près de 25% au total d’hispanophones… Soit un quart de la population des Etats Unis que Trump ignore superbement.
Le show au Super Bowl de Bad Bunny était très attendu, d’autant que l’artiste a décidé que sa tournée ne comprendrait qu’une seule date au States, celle-là, le reste faisant le tour de l’Amérique latine et de la planète…
Rendant hommage à ses ancêtres colonisés de Porto Rico mais aussi à tout le peuple latino, ses figurants sont entrés sur le terrain le corps recouvert de feuilles de cannes à sucre, le visage cagoulé, restituant ainsi justice au métier de coupeur de cannes bien souvent exercé par ses ascendants, esclavagisés par l’Amérique des planteurs, au même titre que les Afro-américains dans les champs de coton.
Provoquant l’hilarité de ceux qui parmi les 135 millions de téléspectateurs de l’événement, comptent beaucoup d’hispanophones, Bad Bunny a électrisé l’assistance, jusqu’à ses détracteurs Wasp… De quoi faire fulminer le psycho-président qui avait programmé à la TV un contre événement avec une brochette d’artistes plus ringards les uns que les autres, mais par lui choisis…
Selon le quotidien La Tercera, “La canne à sucre est une des plantations les plus importantes de l’histoire de Porto Rico, du fait de son terrain fertile, abondant en eau, et de son climat tropical”. Elle a longtemps représenté un produit d’exportation de première importance pour Porto Rico, même si les travailleurs qui la coupaient subissaient la pauvreté absolue.
Bad Bunny a particulièrement insisté pour s’assurer que ses « cannes humaines » qui figuraient dans son show soient totalement impliquées dans la symbolique qu’elles représentaient et qu’elles “se sentaient réellement fières de faire partie de l’hommage” de Bad Bunny à son île natale Porto Rico. Il s’agissait de montrer au monde entier que c’était une revendication des latino-américains comme faisant partie entière de l’identité états-unienne et de leur histoire de colonisés et d’exploités par la nation blanche esclavagiste de l’Amérique du nord. N’en déplaise au néofasciste impérialiste qu’est Trump.
Aux Grammy Awards, Bad Bunny avait déjà défié le psycho-président des USA en l’apostrophant : « Avant de remercier Dieu, je vais dire : dehors ICE ! Nous ne sommes pas des sauvages… Nous sommes des êtres humains et nous sommes américains ». En effet, mais l’Amérique, comme il le rappelle fort justement, est un double continent, qui comprend entre autres les USA. Entre autres… Et l’immense majorité de ce continent s’exprime en langues latines, et pas anglo-saxonnes, au grand dépit de M. Trump.
MR

Photos New York Times, Washington Post