MUSIQUES : LA NIÑA, LA NAPOLITAINE VOLCANIQUE QUI RÉENCHANTE SA VILLE

MUSIQUES. La chanteuse napolitaine La Niña. Dernier album : Furèsta (2025).

La nouvelle étoile de la musique napolitaine

La chanteuse et musicienne de 35 ans La Niña (née Carola Moccia), renouvelle la tradition musicale de sa ville natale en la mâtinant de pop et de musiques électroniques, ouvrant un champ singulier dans la culture populaire de la cité aux multiples héritages culturels. Elle est l’un des visages les plus singuliers de la capitale de Campanie et de la scène internationale.

Artiste totale, elle navigue quelque part entre Roberto de Simone, Rosalía et Rodrigo Cuevas… En connexion avec un passé ancestral méditerranéen, elle transforme la tradition populaire de Campanie en une matière sonore vivante, mêlant le son brut et puissant du tambourin à des sonorités modernes, le sacré au profane, le dialecte napolitain à d’autres langages, à l’image de cette universalité qui caractérise Naples.

En archéologue du futur, elle puise dans les sédiments de sa terre qui a absorbé les dominations byzantines, françaises, espagnoles, arabes (l’Égyptien Abdullah Miniawy a collaboré sur un titre) pour créer une spiritualité méridionale complètement avant-gardiste. Sur des mélodies obsédantes, des rythmes hypnotiques ou des ballades plus festives, elle pose des textes enragés et engagés, brandissant ce riche héritage tel un autel dédié à l’identité de ses suds ou comme un arsenal prêt à poursuivre la lutte pour l’émancipation des femmes et à résister par l’art. Formée à la musique, la danse, le théâtre, le cinéma… cette indomptable Fille de la tempête envoûte ses auditoires à chaque performance.

Napolitaine jusqu’au bout des ongles, elle parle ainsi de sa ville natale dans le magazine Collateral : « Naples est sans conteste une ville très romantique. Pour moi, y naître signifie avoir appris dès le plus jeune âge les contradictions de l’amour, car il est impossible, à mon avis, de ne pas aimer Naples quand on y est né et qu’on y a grandi. Ma relation avec cette ville est aussi très conflictuelle, car elle est comme une mère : on ne peut échapper à son amour. Mais c’est une mère qui, très souvent, vous abandonne à vous-même ; c’est donc une relation faite d’amour et de haine. Je dirais que cela influence énormément mon travail d’artiste, d’autant que mes chansons sont dédiées pour beaucoup à ma relation avec ma ville. »

Une ville magnifique, solaire, mais qui conserve sa face sombre, gangrainée par les camorristes et la corruption, ce que l’artiste ne manque pas de dénoncer dans son dernier album Furèsta. Campée au pied du Vésuve, magestueux et toujours très actif, Naples a hérité de ce tempérament volcanique et de ce fatalisme qui habite les Napolitains, conscients que leur vie ne tient qu’à un fil fragile, relié à la colère de la montagne fumante qu’ils ont sous les yeux chaque jour et qui leur a appris depuis très longtemps l’insouciance et le sens de la convivialité.

La Niña est née à Naples et a grandi à San Giorgio a Cremano, une ville voisine . Elle a hérité de la passion de la musique de son père musicien et de sa mère artiste, apprenant à jouer de la guitare et commençant à composer dès son plus jeune âge. Elle a fréquenté le lycée scientifique et a ensuite obtenu une licence en philosophie et histoire à l’ Université de Naples Federico II.

En 2019, elle fait ses débuts en solo sous le nom de La Niña avec La Tempesta Dischi avec le single « Croce », suivi en septembre par « Niente cchiù » et en décembre par « Salomè », ces trois titres étant co-écrits et produits par KWSK Ninja. En 2020, elle rejoint le label Sony Music Italy en 2020 et signe un contrat d’édition avec Sugar Music. Au début de cette année, elle a sorti le single « ‘Na cosa sola » et l’EP Eden, suivis des duos « Lassame sta’ » et « Tu », respectivement avec Gemitaiz et Franco Ricciardi. En février 2023, La Niña a sorti « Blu » – en duo avec la chanteuse britannique Mysie comme premier single de son premier album Vanitas, rapidement suivi de « Harakiri ». L’album, une fois de plus produit par KWSK Ninja, a été salué par la critique. Suite au début d’un nouveau contrat avec BMG Italie début 2024, La Niña est invitée lors de la soirée d’ouverture du 74e Festival de musique de Sanremo , interprétant « Lady Marmalade » aux côtés de Gaia et Sissi en duo avec la candidate principale BigMama.


En janvier 2025, La Niña a sorti « Guapparìa » , premier single de son deuxième album, Furèsta, centré sur le crime organisé napolitain ( la guapparia historique et la Camorra moderne). La sortie de l’album a été précédée par d’autres singles, notamment « Mammama’ », « Figlia d’ a tempesta ». Comme le précédent album , Furèsta a également été bien accueilli par la critique et le public. Presque entièrement écrit et produit par Moccia et Maddaluno, l’album compte Matteo Parisi comme co-auteur de certains titres et la participation des artistes arabes Kukii et Abdullah Miniawy sur deux d’entre eux. La composition s’inspire de la musique baroque et méditerranéenne (notamment de la tammurriata ), marquant une rupture avec le style électronique des œuvres précédentes de La Niña En juillet 2025, elle reçoit le prestigieux prix Targa Tenco (meilleur album en langue régionale ) et le Premio Lunezia Elite. En octobre suivant, La Niña entame une tournée européenne pour promouvoir l’album.

La Niña sera du prochain festival Les Suds à Arles, l’un des meilleurs festivals de World du monde (et le plus délicieux à fréquenter) dans le cadre des « Moments précieux » et se produira le 14 juillet prochain au Théâtre Antique. Une date unique à ne surtout pas rater !

MR

Sources : Les Suds à Arles, Collateral Magazine

Laisser un commentaire