ANA CRISMAN, LA HARPISTE DU FLAMENCO AU COMPAS SOLAIRE

MUSIQUES. Portrait : Ana Crismán, la première et unique harpiste du Flamenco. Album : « Arpaora » (Andalouse Alhambra 2025 – InOuïe Distribution, sortie en France février 2026).

Née à Jerez de la Frontera, berceau du flamenco, Ana Crismán est initiée dès son plus jeune âge aux différents palos qui façonnent l’âme musicale de la ville. Après des études de piano au conservatoire, elle obtient à l’Université de Grenade une licence en Histoire et sciences de la musique, avant d’exercer pendant plusieurs années comme professeure.

C’est au cours d’un voyage en Irlande qu’elle découvre la harpe celtique et se trouve saisie par une révélation. Par-delà les frontières musicales établies, elle ressent une profonde affinité entre les harmonies enchanteresses de la harpe et le duende du flamenco.

Dès lors, cette intuition fondatrice ne la quittera plus et c’est en autodidacte qu’elle s’initiera à la harpe afin de mettre à jour les fils invisibles qui relient ces deux univers musicaux. Sur son premier album solo, Arpaora, sa harpe à trente-cinq cordes, spécimen de son invention (la harpe celtique a traditionnellement 34 ou 38 cordes), Ana exprime toute l’âme du Flamenco mais aussi sa rugosité et ses âpres racines. Sa harpe peut être rythmique comme la guitare flamenca, taillée pour les palos classiques de l’Art flamenco, comme mélodique, telle qu’on l’attend plus classiquement de la harpe, mais du coup Ana y libère de ses cordes toute la puissance d’un chant des origines, avec une virtuosité et un duende qui tutoient les étoiles.

Une harpe taillée pour le Flamenco

Dès son deuxième spectacle, l’artiste a commencé à adapter des instruments pour créer une harpe spécifique au flamenco. Elle a approfondi ses études et ses recherches sur la diversité existante et s’est essayée avec différents bois, cordes, ongles… Un chemin en parallèle où se plonge l’artiste en raison de son engagement avec la beauté mais aussi avec le flamenco.

De ce même engagement naissent ses compositions: deux univers, jusque-là, non connectés convergent entre les doigts de Ana Crismán. Seguiriyas, soleá, bulerías, tientos, granaínas, tangos… ses compositions sont porteuses de leurs racines, avec un son très flamenco, marquées par leur essence, mais avec un timbre et une sonorité particulière, créant un espace nouveau et très spécial. Et elle est amenée à le rester, tant la démarche fut novatrice : Manuel Martín Martín le critique musical, affirme que la Harpe d’Ana Crismán, pour la première fois dans l’Histoire de la Musique, s’intègre au Flamenco.

Jerez, berceau du flamenco

On ne peut pas faire abstraction du flamenco à Jerez. Il est présent dans l’air que l’on respire. Il est là dans tous les coins et dans tous les recoins. Ana a commencé son apprentissage de la musique dès l’âge de 6 ans, elle a étudié le piano au Conservatoire et s’y est diplômée pendant son adolescence.

Depuis toute petite, Ana a respiré le flamenco de sa Jerez natale, terre de flamenco par excellence. La musique de La Plazuela et du quartier San Miguel (où naquit la grandissime Lola Flores) l’ont accompagnée durant toute son enfance, s’imprégnant de cet art depuis sa naissance. La rue Cerrofuerte (où vit le jour la Paquera de Jerez) fut le témoin de sa jeunesse et de son amour pour le flamenco. La Peña flamenca Los Cernícalos et la peña “La Bulería” dans la rue Mariñíguez, étaient deux endroits où Ana se rendait fréquemment pour écouter du flamenco; Ana, férue de cette musique qu’elle est et a toujours été. Tout comme les Viernes flamencos du ciné Astoria aujourd’hui disparus, la fête de la bulería dans les arènes, le festival annuel de flamenco, les concerts de la La Plaza de la Asunción, les cycles de las peñas, la feria, la Navidad flamenca, les concours de guitare et de chant…… les rendez-vous de Jerez qu’elle n’a jamais manqués. Sans compter le flamenco spontané qui surgit dans les rues de Jerez, faisant s’arrêter le temps… les fêtes à huis clos, le chant si caractéristique de Jerez qui nous enivre , une continuelle source d’inspiration.

Titulaire d’une Maîtrise en Histoire et en Sciences de la musique, spécialisée en flamencologie, elle a exercé comme professeur de musique au Conservatoire et à l’Université, aussi bien en langue hispanique qu’en langue anglaise.

Après son premier spectacle ‘Arpa Jonda’ en 2019 à Manhattan, Nueva York, Ana sillonne les plus prestigieux circuits nationaux et internationaux : Biennale de Flamenco de Séville, Suma Flamenca de Madrid, Festival Flamenco de Jerez, Flamenco Festival LA, Californie, World Music Festival Chicago, Les Rencontres de Harpes Celtiques de Dinan (France), Noia Harp Fest….

Festival Arpas de Sentmenat (Catalogne), Harp on Wight (Angleterre), Festival Flamenco La Villette Paris (France), Festival Grec (Barcelone), ainsi que de multiples tournées nationales et internationales font partie du parcours de Ana Crismán. L’Espagne, l’Europe et l’Amérique font l’objet de ses tournées régulières.

Parmi ses nombreuses collaborations, l’on peut citer Miguel Poveda, Jorge Pardo, Alonso Núñez Rancapino Chico ou Tomasa Guerrero “la Macanita”… Ana a aussi partagé la tournée d’artistes de l’envergure de Antonio Canales, Pastora Galván ou David Peña Dorantes..

Son album « Arpaora » : un hymne à son flamenco natal sous les doigts virtuoses de sa harpe.

Arpaora se vit comme un voyage dans l’espace et dans le temps, dans le sillage de la grande histoire du Flamenco, d’Al-Andalus au Nord de l’Inde tout en passant par de majestueux palais moyen-orientaux. C’est un voyage au plus profond des racines du flamenco, comme si vous visitiez l’Alhambra, non dans sa version restaurée, mais dans l’éclat virginal de ses premiers jours…

Comment l’expliquer ? Est-ce dû au fait que, historiquement, la harpe est un instrument bien plus ancien que la guitare, émissaire phare du flamenco ? Ou au cheminement artistique si particulier d’Ana Crismán, qui n’a pas amené la harpe au flamenco, mais le flamenco à la harpe ?

Difficile à dire, mais le résultat est saisissant et une poignée de mesures suffit à constater que la révélation qui a frappé la musicienne andalouse est aussi la nôtre. Ainsi, sous ses doigts graciles, des fils invisibles prennent vie, comme s’ils avaient toujours existé, n’attendant que d’être révélés. Comme une oeuvre d’art antique dont l’éclat se révèle à l’archéologue qui en souffle la poussière. 

Écoutez Arpaora via ce lien 

__________________________________

Sources: Ana Crismán – Arpa Flamenca

___________________________________

ANA CRISMAN « ARPAORA » EN TOURNEE :

Abril 2026
03 Abril 2026 Amphithéatre de la Manufacture FRANCIA
Aix en Provence – Avec Luis de La Carrasca, cantaor – Spectacle organisé par le Festival andalou, Avignon.

10 Abril 2026 Málaga ESPAÑA
Privado

Mayo 2026

01 mayo 2026 Algodonales
Próximamente más info

13 mayo 2026 Tijarafe, CANARIAS

14 mayo 2026 Mazo, CANARIAS

29 mayo 2026 Algeciras
Auditorio Paco de Lucía

Junio 2026

03 junio 2026 Teatro Antico di Taormina SICILIA

Julio 2026
Del 03 al 24 de Julio 2026 Festival Off d’Avignon FRANCIA

Agosto 2026

29 agosto 2026 Villamartín (pronto más info)

Octubre 2026

03 octubre 2026 Peña Flamenca Manuel Romero Pedrera, ESPAÑA

16 octubre 2026 Genova, ITALIA
Próximamente más info

Photos Ana Crismán © Fernando Mena

Laisser un commentaire