ABDELWAHEB SEFSAF, « ALIF » : LA LANGUE ARABE COMME VECTEUR D’ÉMANCIPATION

AGENDA. Alif – Texte et mise en scène Abdelwaheb Sefsaf, assisté de Louna Philipavec Abdelwaheb Sefsaf, Adila Bendimerad, Aliocha Regnard, Souad Sefsaf, Nathalie Royer – Au Théâtre de Sartrouville-CDN, du 14 au 17 avril 2026 et en tournée.

Alifc’est l’histoire d’un enfant qui porte deux langues dans sa bouche, deux pays dans son corps, deux histoires dans ses silences.

AprèsSi loin si procheetUlysse de TaourirtAbdelwaheb Sefsaf nous proposeAlif, le troisième et dernier volet de sa trilogie «Hexagone, une petite histoire de France»

« À quel moment une langue cesse d’être maternelle et affective, pour devenir un territoire ? Je suis né dans un pays qui m’a appris à parler, mais pas toujours à dire. On m’a transmis la langue française comme une promesse d’égalité et la langue arabe comme un héritage suspect. Entre les deux, il y avait un silence : celui de l’histoire coloniale, celui des humiliations ordinaires, celui des mémoires interdites. Alif est une tentative de traverser ce silence. » — Abdelwaheb Sefsaf.

Alif » en arabe, « Alef » en hébreu, « Alpha » en grec et « A » en latin, première lettre de l’alphabet, est le symbole de la connexion entre les cultures et les langues.

Alif,c’est aussi une traversée poétique et musicale, nourrie par de grands poètes – d’Imrou’l-Qays à Mahmoud Darwich – et de figures majeures de la musique du monde arabe avec Oum Kalthoum, Fairouz, Mazouni et Rabah Driassa.

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Abdelwaheb Sefsa a grandi dans une famille nombreuse. Entre un père passionné de géopolitique et militant pour l’indépendance de l’Algérie, et une mère avide d’histoires de famille et de mariage. Le jour de son entrée au collège, il découvre sa nouvelle professeure de langue arabe. Anne est une élégante libanaise chrétienne, qui a fui la guerre civile. Une personnalité à l’opposé de ses précédents enseignants chahutés. Il y avait Ibrahim, de la mosquée, à la longue barbe, ou Rachida, de l’amicale laïque des Algériens en Europe.. Avec Anne, le calme s’installe dans la classe. L’apprentissage de l’arabe dépasse le cadre religieux pour laisser place à l’arabe des poètes. Notamment à l’instruction en chansons et la découverte des plus grandes interprètes : Faïrouz, Ismahan, Oum Kalthoum….

Photos © C.-Raynaud-de-Lage

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