
MOSTRA DE VENISE. « NAZA » film documentaire de Yuval Abraham et Rachel Szor, en compétition à la 83e Mostra.
Présenté en compétition officielle à la 83e Mostra de Venise, le documentaire choc Naza a été ovationné pendant vingt-cinq minutes par le public ce jeudi 10 septembre. Ce long-métrage des réalisateurs et journalistes d’investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, deux des auteurs de « No Other Land » (2024) sur les exactions d’Israël en Cisjordanie occupée, documente en détails le massacre ciblé et délibéré de civils gazaouis par l’armée israélienne.
Le film dévoile en détail les mécanismes qui sous-tendent le massacre systématique et prémédité de civils palestiniens à Gaza par Israël . Tourné de nuit sur les toits de Tel Aviv, il rassemble les témoignages anonymes de 24 citoyens israéliens, dont des membres des renseignements israéliens et des soldats. qui ont collaboré avec l’armée lors des opérations de représailles à Gaza après le 7 octobre 2023 et le massacre d’israéliens perpétré par le Hamas. Ces 24 personnes sont interrogées de manière anonyme, et racontent depuis l’intérieur la planification et la façon dont Tsahal opère sur le territoire palestinien, faisant fi des vies civiles, enfants, vieillards, hospitalisés compris.
Le titre du documentaire NAZA est clairement significatif : il fait référence au terme que l’armée israélienne utilise pour indiquer le nombre de civils censés être tués dans une frappe aérienne. « Nous voulions entendre, avec le plus de détails possible, à quoi ressemblaient les mécanismes de mise à mort à Gaza, comment ils fonctionnaient », a expliqué à l’AFP Yuval Abraham, 31 ans.
Les témoignages recueillis font état des moyens sophistiqués que Tsahal et les services de renseignements israéliens utilisent pour cibler délibérément les civils : systèmes technologiques ultra-performants , intelligence artificielle… Ce recours à la technologie a permis à l’armée israélienne de localiser des membres du Hamas et leurs familles, en fixant leurs téléphones portables pour les frapper de manière indiscriminée dans leurs maisons ou appartements. « Ils abattaient des édifices entiers, ce n’était pas un problème », témoigne l’un des membres des services de renseignement israéliens. « Il n’y avait pas de problème NAZA », assure-t-il.
Le film NAZA est un événement en soi. Mais le fait qu’il ait été ovationné durant 25 longues minutes par le public et les jurés de la Mostra demeure une exception. Jamais un documentaire n’avait été plébiscité de la sorte au festival vénitien du cinéma.
Sources : Le Monde, Le HuffPost, AFP – Photo The Venice film Festival 2026
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